Les jours se suivent et se ressemblent tant, j’en oublie beaucoup. Les petits détails et les anecdotes s’effacent dans le grand flou du quotidien qui s’enchaine. La première année (pré)scolaire de la Grande a vraiment changé (lire accéléré) le rythme. Et c’est comme ça qu’à chaque fois que je cligne des yeux, une semaine s’écoule entre mes doigts.
C’est avec étonnement et surprise donc que j’ai vu la Grande ressortir cette histoire que j’avais inventé il y a bientôt un an. J’avais complètement oublié avoir raconté ça. C’est que j’en dis des niaiseries quand même et sur une base régulière. Comme l’efface dite magique était à l’école, L’histoire avait disparue de mon cerveau.
L’été dernier, j’ai acheté le matériel scolaire, la première épopée d’une longue série à venir, assez d’avance merci! Traineuse comme je le suis, tout le matos a envahi n’importe quelles surfaces planes disponibles pendant plusieurs jours, qui sait? semaines? En attente que je finisse par identifier chaque objet, ce qui a probablement été fait à la dernière minute. Je ne me souviens de rien.
Toujours est-il que l’été étant ce qu’il est avec de jeunes enfants, cette histoire a pour commencement un bobo. Je ne sais plus quel enfant c’était, ni quel genre de bobo, ni même quelle partie du corps. Mais je me souviens de la plainte, lancinante et constante d’un enfant qui ne se supporte plus. Un enfant pris dans le tourbillon de la peine et de la fatigue. Tu sais? quand il en revient juste pas. Arrivée au bout de mon réservoir d’écoute empathique, ayant utilisé tout mon arsenal d’outils pour faire cesser la douleur, j’étais sans ressource.
J’ai donc attrapé le premier objet à portée de main, l’efface. Ce qui est intéressant avec cet artéfact scolaire, c’est qu’il a 2 couleurs, le classique blanc et un bout bleu, d’une texture différente, servant à je ne sais quoi. Alors, je me suis mise à inventer cette histoire d’efface magique. L’efface à Bobo. J’ai inspecté minutieusement le corps malmené de cet enfant (puis des deux autres, parce qu’évidemment, j’aimais un sans trois) sous toutes ses coutures pour y effacer doucement toutes les petites entailles, égratignures et autres injures à cette peau parfaite.
Ce fut un succès instantané. Miracle. La douleur est partie pour ne plus jamais revenir. La vie a poursuivi son cours, l’efface s’est retrouvé dans le coffre à crayon en partance pour l’école, puis je ne l’ai jamais revue.
Ce qui est vraiment magique, c’est qu’à 5-6 ans la magie existe réellement, ce n’est pas une illusion. La ligne est si flou entre le réel et l’imaginaire, on ne peut distinguer l’un de l’autre. Alors comme ça, tout bonnement, par le plus grand naturel, la Grande est allée chercher son efface magique pour soigner sa soeur la semaine dernière. Ravivant du même coup cette fable que j’avais concoctée par un soir de grande fatigue.
Heureusement que son matériel scolaire traîne un peu partout dans la maison depuis la fin des classes il y a un mois!
Et quelle mémoire elle a cette Grande petite.

Quelle bonne idée cette efface magique! Je pense que cette histoire vient d’entrée dans notre maison!!! Merci !!
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Awwww! Cool! J’espère que ça va marché pour tes enfants. Tu me donneras des nouvelles 😊
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