J’ai tourné autour du pot un bon moment ce matin. Le temps d’installer un diffuseur avec le mélange d’huiles essentielles « Gère-Toi » [qu’on pourrait croire conçu spécialement pour moi]. Je n’ai pas oublié mon verre d’eau. Tant qu’à y être, préparer l’arrosoire pour les plantes qui doivent boire de l’eau tempérée. Aucunement relié. Évidemement, me faire accompagner par Alexandra Stréliski [non, les moments calmes ne m’ont pas encore rendu son album insupportable]. Fin prête, je m’installe devant mon clavier pour parler de cette fameuse saison des mues.

C’est avec peu de plaisir que j’entame ce grand chantier. Tels des homards, les enfants sont rendus à changer de carapaces. C’est le traditionnel, bisannuel, changement de saison [donc de vêtements]. Leur enlever ce qui est maintenant trop petit [ce qui revient à les menacer d’amputation si je me fie à leur réaction]. Sortir du placard ce qui était jusqu’à maintenant trop grand. Faire le tri de ce qui sera encore retardé. Entreposer les vêtements d’été. Faire la liste de ce qui manque pour les mois à venir.
J’aimerais prendre une minute de gratitude ici pour tous ceux qui pensent à mes enfants et leur offrent des vêtements. Ils ont la chance merveilleuse de recevoir tant, je n’arrive pas à refuser. J’ai aussi le luxe d’être entourée de plusieurs friperies de belle qualité autour de moi. Ce qui me fait une courte liste d’achat neuf à faire. Je fais donc le choix d’investir dans les vêtements techniques d’extérieur [est-ce que j’ai déjà parlé du défi 1000 heures à l’extérieur?].
C’est donc avec une exaspération pleine de gratitude que je nage pendant plusieurs semaines dans une mer de vêtement d’enfant. Incapable que je suis de trancher sur un nombre réalistement utile de morceaux, je prends tout, je garde tout. On ne sait jamais… et ça vient me chercher dans les tripes de penser qu’ils risqueraient de manquer de quelque chose. Petit détail pour ajouter au défi, ils font maintenant tous la même taille, à un ou deux centimètres près. Je dois donc avoir de front la triple quantité de chaque item.
Je disais plusieurs semaines, c’est que j’ai trop honte de dire que ça me prend des mois. Ce n’est malheureusement pas une exagération pour rendre mon propos plus amusant [et intéressant]. J’avoue que je viens tout juste de ranger des shorts qui trainaient sur la commode depuis la dernière saison des mues [je ne ferai pas les maths pour calculer le nombre de mois que ça donne]. Oui, je manque d’efficacité, mais aussi de coopération.
Le changement, ce n’est facile pour personne, à tout âge. N’y avait qu’à voir la réaction de ces enfants au changement de couche pour savoir que rien ne serait simple dans la vie. Évidemment que c’est déchirant devoir se séparer de son chandail préféré, même si les manches longues sont plus proche d’être 3/4. Puis c’est si plate devoir essayer inlassablement du linge. Quelle torture!
Alors, j’ai décidé d’utiliser une technique novatrice: leurs tiroirs sont maintenant vides! Pour s’habiller le matin, il faudra bien aller piger dans la pile de vêtements « neufs ». Cette façon de faire rallonge le processus, mais m’économise tellement de mots et d’énergie. Plus besoin de persuasion, chantage, marchandage, minauderie ni menace. La sainte nécessité fait avancer les choses. Du même coup, ce qui est trop petit à aussi disparu sans qu’on en parle vraiment.
Dictature? Peut-être, mais en attendant que cette charge mentale leur appartienne en partie [ou en totalité] je prends ce petit raccourci. On prendra bien le temps de choisir à qui ils donneront leur plus beaux morceaux quand ce terrible manque refera surface. Parce que c’est parfois la seule façon qu’ils acceptent de grandir, en donnant à un petit qui leur est spécialement cher.
Entretemps, je vais aller arroser mes plantes, l’eau doit être assez tempérée.
C’est fou ce que les étapes de la vie nous font découvrir, d’une maman à l’autre!! Je me souviens… d’aller magasiner pour avoir assez de vêtements pour durer une semaine sans faire de lavage… ou presque! Et les vêtements trop petits disparaissaient sans laisser de traces…
Lâche pas Caro, tu verras la lumière au bout du tunnel du primaire, et viendront alors d’autres combats!
Marraine XX
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Ah oui! clairement j’ai trop de vêtements, je peux définitivement tenir plus qu’une semaine sans lavage! Même si bon, entre les accidents divers et les multiples changement ils prennent encore parfois 2 ensembles par jour!
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