Comme beaucoup d’humains, je suis une créature paradoxale.
Je vis en ville, mais je suis assoiffée de grands espaces verts.
Les bonnes conversations me nourrissent, de même qu’elles m’épuisent.
Je peux facilement osciller entre 2 antipodes émotionnelles dans l’espace d’une nanoseconde ou même carrément les vivre en simultané.
La liste serait longue.
Peut-être le paradoxe maternelle le plus répandu sera celui de n’être maintenue en vie que par l’espoir de coucher les flots… pour mieux regarder des photos/vidéos de cette même progéniture une fois confortablement installée.
Plus de 6 ans dans ma maternité, je ne le fais plus nécessairement quotidiennement, mais ça m’arrive encore. Souvent. J’ai poussé le concept un peu en élaborant une méthode. Quand l’envie me prend de contempler ma vie, plutôt que celle des autres sur Instagram ou Facebook, je vais explorer le mois en cours des années précédentes.
C’est intéressant puisque ça ramène à la surface des idées que je n’ai pas encore eu la chance de faire avec les enfants. Parfois ce sont de merveilleux souvenirs que j’avais oublié et j’apprécie de les partager à l’Homme. Parfois ça me replonge dans une période frissonnante et je suis envahie de gratitude que cette époque soit révolue.
Il y a quelques semaines, juste avant Noël, je suis tombée sur cette photo que j’avais prise après avoir acheté tous ces beaux tissus. Mon projet était de coudre trois petits tabliers de cuisine pour la Triade. J’avais inventé un patron chez mon amie, puis réussi à coudre assez rapidement (en quelques mois) le premier prototype. Il était un peu grand, alors j’ai dû patenter quelque chose… puis… *criquet*

La photo datait de décembre 2020 -*insertion d’auto-jugement*- la vie m’avait prise dans son engrenage et je n’avais jamais mené à terme le projet. Je ne suis même pas certaine que le prototype a été utilisé. Cette photo m’a tout ramené à la mémoire. Bravant les décombres poussiéreuses du sous-sol, j’ai retrouvé les tissus méticuleusement pliés comme il y a trois ans.
La bonne nouvelle, c’est que 3 ans plus tard, il est parfaitement de la bonne taille. Pendant les vacances, j’ai réussi à prioriser mon envie d’enfin tous les terminer. Il faut dire que la Marmaille était bien d’adon à se faire coudre d’aussi jolis tabliers. Ils sont moins dans mes pattes à 5 et 6 ans, me laissant plus d’espace pour ce genre de projet.

C’est avec une belle fierté que je les vois les enfiler pour cuisiner à mes côtés. En bonus, je crois même avoir assez de retaille de tissu pour m’en faire un à moi. À condition d’être créative et de combiner tous les tissus ensemble.
On ouvre les paris? Quel sera le délais de production pour mon tablier?
