– Agir n’est pas Juger –

La semaine dernière, après avoir livré mes enfants dans les temps (victoire!), une discussion impromptue entre mamans s’est mise en place. Le genre de conversation banale de cadre de porte. Sauf que le propos ne m’a pas semblé si anodin à moi. Ce n’était pas grand chose. On dira peut-être que je suis susceptible. Soit.

Voilà, tout a commencé en jasant d’accessoires de vélo. Nous étions deux mamans à parler de nos solutions de bancs pour enfants, en listant les avantages et inconvénients. Puis, subtilement, le discours a dévié sur comment nous sommes braves, bonnes, championnes et méritons une médaille parce que nous transportons nos enfants en vélos en hiver. Bon, le malaise qui m’envahit face aux compliments n’appartient qu’à moi-même, ce n’est pas le point ici.

Le petit bout qui m’a fait tiqué est venu juste après. Le propos aurait simplement pu s’arrêter à nommer unilatéralement: le vélo d’hiver c’est un gros non pour moi et ma famille. Ou déclarer: dans ma famille la logistique ne fonctionnerait pas. C’est même tout à fait légitime de s’écrier: oh que je n’aurais aucun plaisir à ça. Mais non, il a fallu aller plus loin et sortir des justifications: je ne fais pas ça, mais je fais autres choses, des muffins aux bananes en l’occurrence.

Je me suis séparée du groupe là-dessus et ça m’a laissée songeuse. J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de très fragile là-dedans. Si le simple fait que je décide de prendre mon vélo l’hiver te fait sentir comme moindre, c’est triste. En y repensant, je peux étaler un longue liste d’action que j’ai pu avoir qui ont mené à des justifications du genre.

Quand je prends mon vélo, je ne juge pas ceux qui prennent leur voiture.
Quand j’allaite, je ne juge pas celles qui donne le biberon.
Quand je fais du cododo, je ne juge pas ceux qui gèrent les nuits autrement.
Quand je cuisine maison, je ne juge pas ceux qui achètent des barres tendres.
Quand j’achète des barres tendres, je ne juge pas ceux qui achètent des jujubes.
Quand je n’écoute pas la télé avec mes enfants, je ne juge pas ceux qui l’écoute.

J’agis, tout simplement, au mieux de mes connaissances, mes valeurs, mon énergie et en prenant en compte tous les humains qui composent ma famille. Ma vie a une couleur qui m’appartient et parfois les même teintes se retrouvent chez d’autres, parfois non. Et c’est correcte. C’est la beauté de la diversité. C’est quand même génial, non! d’avoir accès à autant d’accessoires et de pouvoir moduler notre parentalité à notre image?

Mais voilà, la pression est si forte. L’image de la mère parfaite est omniprésente dans cette société de performance. Les fameux réseaux sociaux bombardent jour et nuit tous les champs des possibles. Le doute rampant étrangle sa proie qui essaye de nager dans un océan de commentaires extrémistes. Des milliers de groupe se forment, plus ou moins puristes, à l’appel des brebis égarées en quête d’un clan.

Pour en revenir au vélo d’hiver donc, je ne suis qu’une simple femme qui, avec le Coefficient de J’MeFaisChier, en est arrivée à la conclusion que c’était le meilleur moyen de livrer ma Tribu. Évidemment que je m’adapte et je suis même prête à utiliser tout un éventail de solution pour nos déplacements. Mais si vous aviez vu la job que j’ai fait en arrachant le bumper de la vanne, vous seriez aussi d’avis que c’est mieux que je me déplace à vélo.

Je pourrais vous raconter ça une autre fois.
Ou peut-être que vous aimeriez que je vous parle de ma réalité de vélo en hiver dans les rues de Montréal avec 3 enfants?

Après de multiples doutes et tergiversations, voici mon bolide

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