– C’est Salissant des Enfants –

Je ne connais pas de façon propre d’élever des enfants. Avoir des enfants, c’est vivre dangereusement. Je me sens toujours à deux secondes d’une crise de gestion de fluide; lait, eau, peinture, boue, sang, excréments, name it. Suffit de compter le nombre de dégâts et de débarques en une semaine pour réaliser que la moyenne d’événements fâcheux augmente exponentiellement avec la liberté de la prise de risque.

Je suis vraiment pour la prise de risque. Pas par démoniaque désir de voir mes enfants se péter la gueule. Ben non! Je n’aime pas voir leur visage en sang autant qu’une autre. Mais on jasera de la prise de risque physique une autre fois. Aujourd’hui, ce qui m’intéresse, c’est le danger de laisser mes enfants manipuler la vraie vaisselle. De se servir par eux-mêmes. D’aller porter un café plein à papa. Transporter une assiette pleine de biscuits. Rien de tel qu’une montagne de biscuits au chocolat pour activer toute l’hypervigilance et la motricité nécessaire à accomplir cette mission périlleuse.

Depuis Noël, j’ai intégré la vaisselle de porcelaine pour les enfants. Ouste le plastique, on joue dans la cour des grands. Maria Montessori dirait que je suis en retard, j’aurais tout aussi bien pu laisser faire l’étape du plastique. Mais bon, l’équipe parentale ici n’a pas la même zenitude que Maria. Parce que bien évidemment il faut ramasser les pots cassés. Je ne peux toujours ben pas demander à mes enfants d’exécuter chaque mouvement parfaitement. On ne peut offrir un verre en verre sans accepter l’incertitude et le droit à l’erreur.

Je ne peux très certainement pas exiger d’eux d’être plus agiles que moi. Je suis d’une maladresse légendaire, mes enfants le savent même. Mal à la droite, qu’ils disent. Je n’ose pas les corriger, j’attends l’explosion dans leur cerveau quand ils vont réaliser l’erreur, j’estime en 3e année.

Je me souviens d’avoir brisé une assiette en vidant le lave-vaisselle chez mes beaux-parents. Tu travailles trop vite que ma belle-mère m’a dit, avec une patience réconfortante. 15 ans plus tard, l’assiette, qui est toujours en dessous de la pile, ressort de temps en temps pour me rappeler que je n’ai pas l’agilité nécessaire pour aller vite. Je dois prendre mon temps. C’est la même chose avec les enfants. Ils doivent prendre leur temps et pour ça il faut leur en donner.

C’est ma responsabilité de protéger de leurs petites mains les objets trop fragiles et précieux. C’est aussi à moi de m’assurer que si je les responsabilise, je leur offre aussi le temps et le cadre nécessaire pour mener à bien leur mission (mettre la table par exemple). Je considère que c’est leur devoir de se salir pour apprendre à mieux travailler. Rien ne vaut un visage plein de peinture qui craque pour apprendre à ne pas se gratter le nez avec un doigt sale. Scoop!: j’ai encore de la misère avec ce principe.

En revanche, je gère mon énergie et mes attentes. Les soirs où je ne suis pas disponible pour laver 8 fois le plancher, je ne cuisine pas avec les enfants. Ce serait injuste d’exiger d’eux ce que je ne suis même pas capable de faire moi-même, sous prétexte que je suis trop fatiguée pour en assumer les conséquences. Alors je module les journées et les options en fonction de ma zenitude parentale. Un autre graphique en chaîne de montagnes.

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